« Explorateur »

Ce terme est souvent mal compris. Quand j’explique que nous aidons les explorateurs à mettre sur pieds leurs projets et leurs expéditions, nous sommes confrontés à trois types de postures. Il y a ceux qui pensent que les explorateurs n’existent plus depuis que Christophe Colomb a découvert l’Amérique (c’est à peine exagéré), ceux qui pensent que les explorateurs sont des gens qui ont besoin d’argent pour partir en voyage, et la large majorité qui se demande bien « c’est quoi être un explorateur aujourd’hui ? ».

Bien que chaque parcelle de la planète ait été photographiée, classée et répertoriée des égouts aux pôles, de la jungle des tropiques aux îles perdues de l’océan indien, les explorateurs existent toujours. Seulement, la signification profonde du mot « explorateur » a changé.

Il était temps d’éclaircir la situation et de vous proposer une définition, la nôtre.

 Que signifie « être explorateur aujourd’hui ? »

Être explorateur aujourd’hui, c’est remettre en question notre connaissance de l’existant.

Les explorateurs d’aujourd’hui sont des hommes et des femmes engagés et passionnés qui dédient leurs vies pour au fond, ouvrir une porte sur ce qui pourrait être le monde de demain, celui qu’on souhaite.

Certains conçoivent le premier avion solaire conçu pour aller aux portes de l’espace (SolarStratos, Raphaël Domjan), d’autres documentent la pollution des océans et sensibilisent les citoyens à l’impact des déchets plastiques (Expédition 7e contient, Patrick Deixonne).

D’autres encore, explorent les capacités incroyables du corps (la résistance au froid, Wim Hoff) ou du cerveau (l’adaptation en milieu hostile, Christian Clot).

Beaucoup sont des inconnus que l’on ne reconnaitrait pas dans la rue.
Tous sont appelés vers l’inconnu, l’inattendu, l’inimaginable.
Tous portent une vision humaniste, tournée vers son prochain et sur les générations futures.

Être explorateur, c’est proposer des solutions que personne n’avait pu encore imaginer.

Être explorateur, c’est proposer des solutions pour la briser-la-glace en entreprise, mais c’est aussi être une force de proposition pour la transition énergétique, pour la santé, pour l’éducation, pour l’agriculture, pour le vivre ensemble, pour la tolérance, pour la préservation de la biodiversité.

Le projet de Lexplorateur.eu c’est de sublimer la valeur ajoutée de l’exploration grâce à une finalité porteuse de sens dans la société et notamment dans les entreprises.

Qu’est-ce que l’exploration peut apporter à l’entreprise ?  

Comment faire passer un message inspirant quand on est une entreprise avec des milliers d’employés ou qu’au contraire, on veut s’adresser à ses clients ?

Nous voulons montrer que les explorateurs peuvent transmettre ces messages forts pour les entreprises, que ce soit au département marketing, innovation, RSE, éthique ou au Recrutement par exemple. Nous voulons apporter une solution en ce sens, une solution qui puisse promouvoir les activités d’exploration, tout en rapportant une connaissance à forte valeur ajoutée pour l’entreprise. La relation est gagnante-gagnante.

En entreprise, les explorateurs sont des « ice breakers ».

Le navigateur Sébastien Roubinet est l’un d’entre eux.

La première fois que j’ai rencontré Sébastien Roubinet, c’était il y a six mois au Café de l’Aventure et depuis, après quelques échanges, j’ai commencé à comprendre ce personnage authentique et le projet inédit qu’il porte en lui : La Voie du Pôle.

La Voie du Pôle, c’est un bateau hybride nommé Babouchty tantôt catamaran et tantôt char à glace. Les trois équipiers Sébastien Roubinet, Éric André et Vincent Colliard partent le 15 juin pour une traversée du pôle en ligne droite, azimut brutal du Cap Barrow en Alaska jusqu’au Spitzberg en passant par le pôle Nord magnétique puis le pôle Nord géographique.

Cette expédition de 3000 km durera de 2 à 3 mois selon les conditions météorologiques.

La voie du Pôle est une expédition inédite à différent point de vue :

TECHNIQUE : le bateau hybride (voilier et char à glace) est spécialement conçu pour traverser un océan gelé, il est le fruit de 10 ans de recherches et d’expérimentations et aussi de deux tentatives avortées.

SPORTIF : l’océan arctique est le dernier océan à n’avoir jamais été traversé à la voile. La Voie Du Pôle tente de relever cet exploit.

SCIENTIFIQUE : grâce à sa légèreté et à l’absence de propulsion mécanique, le bateau est une plateforme de choix pour les observations et les mesures lors de la traversée de l’océan et de la banquise.

HUMAIN : comme le dit Sébastien Roubinet « l’homme est la clef de la réussite ». Une expédition aussi exigeante que la Voie du Pôle demande des compétences humaines et mentales hors du commun à chacun des trois équipiers.

La valeur (de l’exploration) n’apparaît presque jamais par elle-même. Il faut la décrire, la sublimer, en faire l’éloge. Alors, elle commence à exister.

Emmanuel Zilberberg

Professeur et expert du pricing, ESCP Europe

Ce sujet m’intéressait profondément, alors j’ai décidé d’écrire cet article pour sublimer la valeur de l’exploration et expliquer en quoi les explorateurs peuvent aider les Talent Managers, les Directeurs des Ressources Humaines et tous les responsables d’équipe à faire travailler plus ensemble leurs collaborateurs.

Il y a très peu de documentation sur ce que l’exploration peut apporter au monde de l’entreprise, or, explorer est une expérience physiquement intense et c’est bien sûr une source intarissable d’innovation qu’il faut réutiliser dans la société.

Ce que l’explorateur polaire Sébastien Roubinet nous apprend : explorer c’est innover

Quand on pense à Sébastien Roubinet, on pense forcément à Jean-Louis Étienne qui fut le premier à atteindre en solitaire l’Arctique en 1989 puis l’Antarctique en 1990 (Expédition Transantartica).

Explorer c’est chercher l’innovation en terra incognita …et en partager l’essence au plus grand nombre.

 

I. MISER SUR LE MENTAL DE SES COLLABORATEURS

Mais qu’est-ce qui peut bien pousser Sébastien Roubinet et ses deux équipiers à vouloir dépasser l’échec quand celui-ci peut leur être fatal ?

Et si cette fois il n’y avait plus de brise-glace russe pour les sauver de la funeste issue ?

Lors d’un évènement au Café de l’Aventure, Sébastien projette la bande-annonce de son expédition « La Voie du Pôle 2018 », on le voit avec son ancien coéquipier tirer son bateau à la main à travers les crevasses de glace de l’Arctique. Le risque dans cet endroit hostile c’est d’être en proie à une maman ours blanc qui d’un coup de patte pourrait mettre un point final à toute l’histoire. Le sang-froid et la réponse adaptée de l’équipage les a sauvés d’un triste sort.

La force d’une équipe ce n’est pas ses compétences, mais c’est son mental. Dans un projet c’est toujours l’homme qui est la clef de la réussite.

Sébastien Roubinet

Chef d'expédition, La Voie du Pôle

Même si une traversée du pôle Nord en autonomie demande une certaine condition physique et une bonne dose de préparation, Sébastien n’a pas choisi ses équipiers pour leurs puissances physiques (même s’ils l’ont), ni pour leur longue expérience (même si c’est aussi le cas), mais avant tout pour leurs capacités mentales à se surpasser. « Même si vous avez une grosse puissance physique, la nature sera toujours plus forte que vous, mais si vous avez la force mentale, la limite est beaucoup plus loin »

II. SOYEZ UN STRATÈGE : VALORISEZ L’ÉCHEC PAR UN PROCHAIN COUP D’AVANCE

Qu’est-ce qui peut autant pousser un homme à s’adapter à son environnement pour toujours mieux l’appréhender ? En 2011, la première expédition part du Cap Barrow. Sébastien et son équipier d’alors (Rodolphe André) s’enfoncent pendant 24 jours dans les blancheurs immaculées du pôle Nord, vaste étendue où Dame nature est plutôt bien préservée. Que peut-il bien arriver lorsqu’on a mis toute son énergie pour se préparer ? Qu’on a pensé à tout ? et qu’après tant de sacrifices personnels, financiers et qu’après tant de passion donnée au projet d’une vie

…c’est une batterie qui cède ? Une batterie, c’est dérisoire, non ? Pourtant sans batterie, l’équipage perd son géopositionnement et ne reçoit plus la carte météo ni la carte des glaces. Et la glace en Arctique, c’est un tapis roulant. Il ne reste qu’une issue envisageable : faire demi-tour avec la navigation GPS et quelques piles qui tiendront 21 jours le temps de rentrer. On peut se dire que c’est injuste, mais l’environnement est toujours le plus fort.

Comment valoriser l’échec ?
Améliorer et itérer. Les deux échecs ont permis d’apporter beaucoup d’innovations à l’expédition La Voie du Pôle.

  • Une réestimation des ressources humaines (l’expédition passe de 2 à 3 équipiers)
  • Un changement de technologie de batterie
  • Une maîtrise de l’autonomie en nourriture (2 ans de pratique de chasse et de pêche au Groenland)
  • Une maîtrise de la production d’énergie (panneaux solaires et système de pédalier)

Mes deux premières expéditions n’ont pas abouti. Chacun de ces échecs m’ont permis d’apporter des innovations dans tous les domaines : au niveau de l’autonomie alimentaire, énergétique, de la technique bien-sûr et au niveau de l’équipage puisque j’ai ajouté un nouvel équipier.

Sébastien Roubinet

Chef d'expédition, La Voie du Pôle

Après deux échecs et tous les apprentissages et les innovations qu’il en a découlé, Sébastien Roubinet et ses équipiers semblent plus prêts que jamais à atteindre l’objectif de la mission fixé il y a 7 ans.

La résilience de Sébastien Roubinet est admirable et c’est ce caractère, cette trempe d’hommes et de femmes qui nous voulons mettre en lumière sur Lexplorateur.eu La Voie du Pôle 2018 c’est une tentative de traversée du pôle Nord, sans assistance (autre que le vent) et en totale autonomie. C’est un défi technologique, sportif et humain qui mettra à rude épreuve le mental et le physique de Sébastien et de ses deux équipiers Eric André et Vincent Colliard. S’il a eu la persévérance d’une troisième tentative, c’est parce qu’il a beaucoup appris de chacun de ses précédents échecs.

L’innovation est issue des échecs, valoriser les échecs c’est permettre l’innovation.

Sur n’importe quelle expédition ou n’importe quel projet en général : il ne devrait pas y avoir de perception de l’échec. Soit on réussit, soit un apprend.

III. CRÉER UNE RELATION DE CONFIANCE AVEC SON ENVIRONNEMENT

Sébastien à deux passions : la mer et la montagne.

S’il aime tellement le pôle nord, c’est justement parce que le paysage de glace est très proche de celui qu’il connait à la montagne. Il ne vit pas pour le record, pas plus que pour écraser la nature. Tout au contraire si Sébastien Roubinet est aspiré par le Pôle c’est pour vivre en symbiose avec la glace.

Ce qui lui plaît ce n’est pas d’être en compétition avec la nature, mais de vivre avec elle. Il met tout en œuvre pour créer une relation de confiance avec son environnement. En 2013, Sébastien remet le cap au Nord avec son équipier Vincent Berthet. Cette fois, il change de technologie de batterie (Lithium-Fer à la place du Plomb). Il lui faut deux mois pour arriver au pôle Nord d’inaccessibilité. C’est une première victoire d’y être ! La météo devenant capricieuse et surtout imprévue, la progression devient difficile. Les vents dominants habituellement portants à cette période de l’année (fin août), se retournent pour se retrouver de face.

C’est le drame.

Le vent froid gèle la surface de l’eau, la glace est trop fine pour pouvoir glisser à sa surface (bateau en mode char à voile), mais trop épaisse pour pouvoir la casser et naviguer (en mode voilier). Le bateau s’arrête, pris au piège de cette « petite » glace. S’arrêter au pôle Nord, ce n’est pas rester immobile, c’est suivre la dérive des glaces et reculer automatiquement de son objectif.

La Voie du Pôle c’est  une envie de vivre en symbiose avec le milieu très hostile qu’est le pôle nord. Il s’agit de vivre avec la nature et d’être en confiance avec elle, et de ne jamais se battre contre elle.

Sébastien Roubinet

Chef d'expédition, La Voie du Pôle

Les voyants passent au rouge, l’autonomie en énergie et en nourriture fondent comme la neige au soleil. Pris au piège, l’équipage demande assistance, c’est un choix éthique très difficile à prendre que de demander le déplacement d’un brise-glace russe. Mais la vie était en jeu.

Le temps de la remise en question traverse les esprits.

Faut-il abandonner ? Faut-il continuer ?

Le chef d’expédition persévère avec pour objectif d’être complètement autonome en énergie et en nourriture, à la prochaine tentative. Quoi qu’il arrive, il faudra réussir ou survivre en autonomie.

Pendant un an et demi, Sébastien Roubinet vit au Groenland avec la population locale. Il apprend à chasser le phoque, à se déplacer en traîneau et en kayak, à relever les filets de pêche situés à deux jours de route. En somme, l’explorateur a consacré un an et demi pour apprendre à vivre au rythme des tempêtes et du blizzard, ces éléments qui constituent l’environnement de l’Arctique.

Cet apprentissage a permis d’adopter des réflexes naturels, de comprendre le monde des glaces et ainsi de créer une relation de confiance avec l’environnement de l’expédition.

Vous cherchez un conférencier explorateur ?

jonathan@lexplorateur.fr ou 06.50.60.40.15

La Voie du Pôle, la troisième expédition en résumé

La Voie du Pôle est un projet porté par Sébastien Roubinet qui vise à traverser le pôle Nord en ligne droite et en totale autonomie. Pour cela Babouchty, le bateau hybride qu’il a lui-même conçu, se comporte comme un catamaran à la surface de l’océan et comme un char à glace sur la banquise.

Réussir cet exploit du Cap Barrow en Alaska jusqu’au Spitsberg (île Norvégienne) sera une première mondiale.

Pour gagner en autonomie, Sébastien Roubinet part vivre avec les Groenlandais pendant un an et demi et apprend que chasser un phoque c’est vivre un mois de plus. Cette fois, même isolé au milieu de l’arctique il restera autonome avec son équipage. Plutôt que de recruter un équipier, il en recrute deux Eric André et Vincent Colliard qui ont fait leurs preuves L’un, Eric André a fait ses armes avec un premier passage du nord-ouest. L’autre, Vincent Colliard est fort d’une grosse expérience avec Borge Ousland, le leader vivant et incontestable des expéditions polaires à ce jour, un Norvégien qu’on appelle aussi le Roi de l’Arctique.

L’équipage de La Voie du Pôle

Sébastien ROUBINET

Éric ANDRÉ

Vincent COLLIARD

À propos de l’auteur

Chaque jour, nous aidons les explorateurs à réaliser leurs rêves et nous proposons aux entreprises de bénéficier de l’incroyable expérience de ces femmes et de ces hommes passionnés que ce soit pour la communication avec les clients ou pour une conférence avec les collaborateurs.

Passionné par les explorateurs qui ont fait l’histoire et ceux qui aujourd’hui dessinent les contours du futur, j’ai cofondé Lexplorateur.eu pour exalter des projets grandioses, des destins hors du commun et pour partager en entreprise les innovations qui émergent de l’exploration.

Jonathan Delrue

Cofondateur de Lexplorateur.eu