Dans l’article précédant, Guillaume Barrage et Nicolas Saint Bris nous expliquaient comment ils allaient traverser l’atlantique à la rame.

Aujourd’hui, nous rencontrons Étienne Barraux, leur entraîneur d’aviron qui nous livre quelques réponses avant un départ imminent sur la  course Talisker Whisky Atlantic Challenge.

 

Des gens qui traversent les continents et les océans sont assez nombreux, pourquoi croire depuis le début en ce projet et en cette équipe en particulier ?

Ce projet est né d’une histoire d’amitié, une idée un peu folle, et une grosse dose d’envie. Lorsque les gars m’ont proposé de les accompagner dans leur aventure pour la partie physique, logistique et moral, j’ai tout de suite dit oui. C’est une aventure incroyable pour eux et une immense fierté pour moi. Les avoir initiés à l’aviron et les voir s’engager dans cette aventure, on ne peut pas penser que je ne les ai pas influencés un peu.

 

Comment définiriez-vous les personnalités de l’équpiage que vous entraînez (Guillaume Barrage et Nicolas Saint Bris) ?

Ce sont des personnalités assez différentes, mais extrêmement complémentaires, mais ils partagent une qualité essentielle dans cette préparation : ils sont pragmatiques et organisés. Au regard de leur situation professionnelle et vu l’enjeu du périple c’est absolument nécessaire.

« Faites-vous confiance ». C’est un point que nous avons beaucoup travaillé lors des derniers entraînements. On n’est jamais vraiment prêt dans une situation comme celle-ci, mais il est essentiel de se faire confiance sur ses points forts.

Étienne BARRAUX

Entraîneur d'aviron

Le mental ou la condition physique, qu’est-ce qui est le plus important pour traverser l’atlantique à la rame ? Où faut-il aller chercher les ressources au quotidien ?

Sans une condition physique optimale, il est difficile d’aller au bout d’une telle aventure, c’est pourquoi Nicolas, et Guillaume s’astreignent à un entrainement de très haut niveau : renforcement musculaire quotidien, régime particulier… c’est une sorte de prérequis qui n’est pas à la portée de tous… mais le mental, la connaissance de son partenaire, la création de la confiance réciproque, sont tout autant important. Passer 40, 60 jours peut-être plus dans un espace si réduit nécessite un développement de routines fondamentales (fonctionnement des quarts, écoute de musique, confection des repas …) qui permettront de vivre ensemble dans des conditions saines.

À ceux qui voudraient un jour faire une traversée de l’atlantique à la rame, quelle préparation ou régime conseilleriez-vous ? (Quels exercices, rythme, intensité, durée, alimentation, sommeil)

Être prêt à faire beaucoup d’effort, dans un premier temps des efforts longs pour s’éprouver dans cette adversité (marathon à la rame, course longue à faible intensité par exemple…) et ce de manière régulière. Un renforcement Abdo-lombaire très important pour permettre au dos de supporter les effets de la gîte continue du bateau et la position assise est fondamental. Enfin, une prise de masse dans les derniers mois (en graisse et en muscle) pour constituer des réserves pour affronter la durée de l’effort.

 

Le mot de la fin…

L’anecdote fondatrice de ce duo, c’est les championnats de France 2012 à Libournes. J’avais clairement dit qu’il était extrêmement compliqué à un bateau aussi novice de se qualifier en finale A (dans les 6 premiers) des championnats. Guillaume et Nicolas étaient positionnés au 1 et au 2 du bateau et m’ont fait mentir… lors du 1/3 de finale, la course a été au coude à coude avec l’équipage de Polytechnique : mètre après mètre, c’était un vrai combat… au final nous sommes passés à une boule devant Polytechnique (2centièmes…). Une dose d’émotion incroyable… historique pour le club d’aviron de ESCP Europe nous retrouvions la finale A des championnats de France. Un souvenir merveilleux.

 

« Le réveil commence par un autre rêve »

Paul Valéry