Talisker Whisky Atlantic Challenge

Chez Lexplorateur.eu, nous aimons sublimer ce qui est beau.

La beauté éphémère ou éternelle, celle qui nous apostrophe dans notre quotidien ou tout au long de notre vie. Cette beauté qui nous fait sentir à quel point nous sommes minuscules dans l’immensité du monde et de l’univers qui nous entoure. Déconnectons-nous un moment.

Lâchons prise et déconnectons-nous l’espace d’une heure, d’une journée ou plus. Laissons un peu de place dans notre vie à la beauté, la simplicité et la paix. Soyons réceptifs à tout cela, déchargeons-nous du superflu pour mieux capter cette beauté qui nous entoure.

Accepter une part d’incertitude dans sa vie peut apporter davantage de liberté, mais peut aussi conduire à un certain isolement.

Lâcher prise et arrêter de vouloir tout contrôler est en fait quelque chose de très inconfortable. La liberté a un prix auquel il faut consentir et qui est différent pour chacun de nous. Ce prix est aussi souvent celui auquel on ne s’attendait pas. Tout l’or du monde ne saurait acheter cette richesse qu’est la liberté. C’est évident, on n’est jamais aussi pauvre que lorsqu’on croise le chemin d’une personne dont le cœur n’est qu’amour, bienveillance et partage.

Qu’est-ce qui peut amener un individu à briser toutes les règles qui le contiennent, toutes les règles qui le retiennent pour vivre sa vie comme il l’entend ?

Nous vous présentons dans cet article Guillaume Barrage et Nicolas Saint Bris, deux rameurs qui se préparent à un exploit qui vaut mille encouragements. Vous rêviez d’aventure ? De trouver ou de renouer avec votre flamme intérieure ? De retrouver le feu sacré ? Écoutez-les !

Nous aimons croire que nous sommes tous nés avec un rêve qui ne demande qu’à faire surface, à être compris et concrétisé. On vous en donne un nouvel exemple.

Résistez. Existez.

 

Jonathan Delrue

Co-fondateur, lexplorateur.eu

Talisker Whisky Atlantic Challenge

Alors que s’élance dans moins de deux mois la course d’aviron la plus exigeante au monde, la Talisker Whisky Atlantic Challenge, les deux rameurs Guillaume Barrage et Nicolas Saint Bris nous présentent leur projet de rallier à la rame les Caraïbes en partant des îles Canaries pour aider les enfants malades hospitalisés en France.

Partagez-moi votre avis sur cet enregistrement audio par mail à jonathan@lexplorateur.eu

Traverser l’Océan :

Une préparation de haute intensité, au quotidien

Le réveil sonne à 6h00, pour aller à la salle de sport avant le travail. La musculation au petit matin n’est pas une partie de plaisir, mais nous savons que notre bateau une fois chargé sera très lourd (environ 900 kg). Nous suivons donc un programme de musculation rigoureux, avec 2 objectifs : gagner en puissance et ne pas se blesser pendant la Talisker Whisky Atlantic Challenge.

Après un petit-déjeuner copieux, nous fonçons au bureau gagner notre vie comme le commun des mortels, si ce n’est les quelques appels auprès des partenaires et des fournisseurs pour le projet, à la pause-café et au déjeuner. Le soir et le week-end, nous planchons sur la gestion du projet, les travaux du bateau, l’organisation administrative et logistique, le démarchage et la communication. Et ce tout en essayant de garder un minimum d’équilibre dans nos vies privées, avec nos femmes, nos familles et nos amis !

Nous avons ce rythme effréné depuis plus de 2 ans, et la gestion de celui-ci à long terme est compliquée. Mais chaque petite victoire nous donne l’élan suffisant pour aller chercher la prochaine, et puis franchement à deux, on continue de s’éclater !

Traverser l’Atlantique à la rame

Un engagement naissant

On entend beaucoup de participants au Talisker Whisky Atlantic Challenge raconter comment ils se sont lancés ce défi sur un coup de tête, lors de soirées un peu trop arrosées. Dans notre cas, il s’agit presque du contraire. Nicolas était obsédé par cette transatlantique à la rame depuis déjà longtemps. Dans les vestiaires du club, il en parlait avec des étoiles dans les yeux, comme d’autres parlent de leurs projets de startup ou de leurs futurs cabriolets. L’idée a fait son chemin, et puis il y a trois ans nous avons fini par nous dire : « allez viens on le fait ».

Lorsque nous avons commencé à en parler autour de nous, personne ne nous prenait au sérieux. « Mais pourquoi ? » Pourquoi s’embarquer dans une telle aventure, alors que nos voies semblaient toutes tracées : entre de brillants avenirs professionnels et des vies de couple heureuses ? Nous n’avions pas d’antécédent dans les sports extrêmes ou dans les courses au large, alors pour aller chercher nos premiers partenaires, nous avons dû batailler !

Lorsque la machine est lancée, il est difficile de tenir le rythme. Mais encore faut-il la lancer ! Il faut lancer la communication, trouver le bateau, les fonds, les partenaires… Il faut prendre l’habitude des séances de musculation matinales, avant d’aller au travail. Et les déconvenues n’arrêtent pas… mais au moins elles forgent le caractère ! Beaucoup ne se préoccupent que de la prouesse sportive, mais l’effort quotidien pour monter un tel projet est tout aussi colossal.

Traverser l’Atlantique à la rame

pour aider les enfants malades

L’école à l’hôpital est une association d’enseignants bénévoles qui vont au chevet d’enfants malades et hospitalisés pour les aider à poursuivre leur scolarité. Nous avions à cœur de défendre les causes de l’enfance et de l’éducation, et nous avions bien l’intention d’utiliser notre aventure pour inspirer les plus jeunes à se battre pour leur avenir.
Lorsque nous avons rencontré l’équipe de l’école à l’hôpital, le contact est très bien passé. Notre défi a tout de suite enthousiasmé l’équipe de direction et les enseignants, qui nous ont invités à leur rendre visite sur leurs lieux d’intervention.

Nous nous attendions à un électrochoc, nous n’avons pas été déçus ! Les bénévoles de l’association sont d’une générosité, d’un dévouement et d’une simplicité remarquables. Quant aux enfants, leur courage face à la maladie est déconcertant. Leurs remarques innocentes nous ont bien fait rire.

Pour l’anecdote, l’un d’entre eux nous a même demandé : « Mais pourquoi vous faites ça ?! »

Un rêve de l’Atlantique :

Sogno Atlantico

Notre bateau garde le nom que lui avait donné notre prédécesseur Matteo Perrucchini : Sogno Atlantico (« rêve atlantique »). On dit qu’il ne faut pas changer le nom d’un bateau, et à voir la complexité des formalités administratives, il ne vaut mieux pas.

Alors Sogno reste Sogno pour la Talisker whisky challenge !

Sogno, parce qu’il y a toujours une femme dans les grandes histoires

C’est justement comme ça qu’on l’appelle : « Sogno », comme Sonia, mais avec l’accent chti ! Alors Sogno c’est une vraie femme déjà… Elle a des formes, et puis elle est relativement mature, mais elle n’a aucun problème pour séduire les hommes, au contraire. Ils ont plutôt tendance à se faire avoir, mais ils ne le comprennent que trop tard. Comme quand un gars aborde une fille sexy et qu’il réalise trop tard qu’elle a l’accent chti !

« Sogno » c’est une maitresse-femme, qui aime se faire bichonner, qui prend soin de sa famille et cumule les succès professionnels. Sans doute ses colères sont-elles aussi terribles que son rire est contagieux.

La route des Alizées

Départ pour le mois de Décembre avec des conditions météo spécifiques.

Nous partons en Décembre pour bénéficier des meilleures conditions sur cette fameuse « route des alizées ». Il nous faudra a priori supporter des températures très élevées et une humidité omniprésente. Le hublot de la cabine devra rester fermé malgré la chaleur et la condensation, car en cas de retournement c’est l’air de la cabine qui empêche notre coque de rester submergée.

Par beau temps, nous surferons sur des vagues de 5 mètres de haut. Par mauvais temps nous pourrons jeter notre ancre flottante, un parachute qui une fois gonflé dans l’eau freine les secousses du bateau. Et nous aurons certainement quelques jours de tempête, et nous nous préparerons à d’éventuels retournements.

Afin d’optimiser notre course, nous serons suivis à terre par notre routeur météo, et disposons de deux postes de rame s’il faut mettre les bouchées doubles pour avancer !

Un mode de vie spartiate sur le bateau.

La nuit, notre rythme de quart sera de 2 heures de rames, pour 2 heures de repos, par alternance. Le jour nous essayerons d’optimiser notre temps de rame à deux, de passer du temps ensemble sur le pont, d’effectuer la maintenance du bateau et de prendre soin de nous : se nourrir, s’hydrater, se laver, panser ses plaies.

Nous désaliniserons l’eau de mer que nous boirons, mangerons essentiellement de la nourriture lyophilisée, des repas en poudre, des compléments en tous genres et des snacks ! Nous nous dirigerons grâce à nos instruments de navigation GPS et de nos autopilotes. Ceux-ci sont néanmoins des pièces fragiles sans lesquelles nous sommes en mesure d’avancer.

Le tout sera alimenté par nos batteries, elles-mêmes chargées par nos panneaux solaires.

Le plus gros risque est sûrement l’obscurité dans la nuit, à la fois dangereuse pour les manœuvres, mais aussi pour assurer notre visibilité vis-à-vis d’autres bateaux de taille plus importante !

Instruments de navigation :

La panoplie complète.

Nous emmenons à bord tous les instruments de sécurité et de navigation qui sont de mise pour ce genre d’expédition comme la Talisker Whisky Atlantic Challenge.

Nous naviguerons grâce à nos compas et à notre GPS, qui est relié à un système AIS (système de communication entre bateaux) pour percevoir la position d’autres bateaux et transmettre la nôtre. Nous porterons en permanence des outils de positionnement GPS personnels (Personal Locating Beacon) et serons en mesure d’envoyer un signal d’alerte en cas de détresse grâce à notre EPIRB (Radiobalise de localisation des sinistres).

Nous avons évidemment une radio VHF pour les communications de courtes portées avec les ports ou les bateaux avoisinants.

Mais c’est surtout par téléphone satellite que nous communiquerons.

Qu’est-ce qu’un téléphone satellite?

C’est un téléphone qui ressemble à un vieux Nokia, avec les touches numériques pour écrire les SMS, et qui se connecte aux satellites les plus proches pour envoyer des messages ou passer des appels.

Les communications coûtent une fortune, mais c’est le prix à payer pour ce luxe au milieu de nulle part !

Deux ans de préparation pour envisager toutes les éventualités

Voilà 2 ans que nous essayons d’anticiper tous les aléas de la traversée: les escarres, l’épuisement, les hallucinations, les carences et les insolations… Les pannes d’instruments, les avaries techniques, la corrosion, la surchauffe.

Nous savons qu’il se passera des choses, mais quoi?

La seule certitude, c’est qu’une fois les pieds à bord, le temps prendra une toute autre densité.

L’océan a ce pouvoir fascinant de tout ramener au présent : il y a toujours quelque chose à faire, un instrument à ajuster, une tache à effectuer… Et nous savons que cette traversée sera un ascenseur émotionnel permanent.

La solitude quant à elle devrait nous laisser beaucoup de temps pour penser, pour réfléchir sur nos vies et nous projeter dans l’avenir.

Alors à qui penserons-nous ?

À nos petites femmes Marianna et Keiko sans aucun doute.

À nos parents et nos grands-parents, ici ou là-haut.

À nos amis fidèles et bienfaiteurs dont les noms seront inscrits sur la coque de notre bateau.

Aux héros qui nous ont inspirés dans la vie, dans les livres d’Histoire ou sur les tatamis…

Et puis aux enfants et aux bénévoles de l’école à l’hôpital. Nous avons beaucoup de monde derrière nous, alors pas question d’abandonner !
Nous savons que les premiers jours seront extrêmement difficiles, et qu’une fois la première semaine passée c’est l’épuisement qui sera notre pire ennemi.

La blague qu’on se fait régulièrement, c’est que nous prendrons le départ avec 10 coups durs, pour enchaîner sur une accélération de 5000 km, avant de tout donner sur les derniers kilomètres pendant la Talisker Whisky Atlantic Challenge.

Larguer les amarres

La prochaine échéance très immédiate, c’est l’envoi du bateau par conteneur sur la ligne de départ aux Canaries fin Octobre. Il y a tant d’accessoires à ne pas oublier et à empaqueter, la mission s’annonce compliquée !

Nous aurons ensuite un mois pour nous préparer au jour J physiquement et psychologiquement, et pour réviser tout ce que nous savons en termes de navigation, de gestes de premiers secours, d’utilisation de la radio et des différents systèmes.

Nous en profiterons pour rendre visite à nos amis de l’école à l’hôpital, à nos proches et à nos familles.

Fin Novembre, nous prendrons le cap de La Gomera par avion, Guillaume de Berlin, Nicolas de Paris. Nous y passerons 2 semaines pour terminer les préparations avec toute la flotte, et nous prendrons le large mi-décembre, en fonction des conditions météorologiques et du départ donné par les organisateurs.

Tout ça, c’est demain !

À l’origine, des chemins qui se croisent…

Nos chemins se sont croisés pour la première fois dans le bus qui menait à la base nautique de Choisy Le Roy, où avait lieu les journées d’initiation à l’aviron de l’École Supérieure de Commerce de Paris (ESCP Europe). Nicolas était assis au premier rang du bus, et saluait chaque arrivant par un « bonjour » sensuel au micro, qui faisait rougir les plus prudes et rire aux éclats les anciens.

À l’aviron, nous avions le même genre de double personnalité : intransigeants sur les bassins… et complètement barrés en dehors ! Les trajets pour rejoindre la base nautique étaient absurdes. Les blagues partaient dans tous les sens. On en fatiguait plus d’un. Mais c’est aussi ce qui nous a rapprochés.

Une saison en particulier restera gravée pour toujours dans nos esprits, c’est celle de 2012.

Il a tellement plu cette année-là ! Étienne, notre coach, martelait à chaque entraînement « C’est un grain les gars, ça va passer ! ».

Tu parles.

Nous finissions trempés jusqu’aux os à chaque fois, et l’odeur de chien mouillé ne nous quittait pas. Cette année-là, nous assumions ensemble la responsabilité de « nage » sur le bateau #1 de l’école. Nous n’avions pas un équipage très puissant, mais nous avions un super collectif… Et nous allions chercher chaque résultat avec les dents ! Quelle année !

C’était la dernière année d’étude de Nicolas, mais pas son dernier coup d’éclat. Deux ans plus tard, sa carrière l’amène pour quelques mois à Florence, et il a l’idée de faire venir l’équipe de ESCP Europe pour une compétition d’aviron sur l’Arno qu’il crée pour l’occasion: la désormais célèbre Gasperi Schumann Cup !

Nos retrouvailles furent inoubliables, les blagues fusaient comme aux premiers jours. L’eau qui avait coulé sous les ponts n’avait pas emporté notre ardeur. »

Une expédition :

100 000 euros au profit des enfants malades

Ce budget couvre l’inscription à la course et le suivi sécurité, les rénovations du bateau, la logistique pour le transporter et la communication en mer (très onéreuse).

Viennent ensuite les postes de dépenses plus fun : les accessoires techniques et la nourriture!

Nous avons bien évidemment mis de notre poche pour cette expédition, mais avons également bénéficié du soutien matériel et financier de sponsors comme Zalando, Helly Hansen ou Plastimo.

Nous invitons aussi les particuliers à contribuer à l’aventure en rejoignant notre club de donateurs. Nous leur offrons la possibilité de faire des dons sur notre site, pour voir leurs noms inscrits sur notre coque ou recevoir un ex-libris de nos BD.
Nous appelons également aux dons pour soutenir l’école à l’hôpital, et ferons levier tout au long de la traversée pour collecter un maximum de don pour l’association!

« Nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil »

William Shakespeare

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